Le dessin en Italie


dans les
collections publiques françaises

A l’initiative du Musée du Louvre, sept expositions destinées à révéler au public les richesses des collections françaises dans le domaine du dessin italien aux XVII et XVIII siècles sont présentées simultanément d’octobre 2006 à février 2007 dans sept grands musées français.
Cette série de manifestations a pour vocation de dresser un panorama complet de la création artistique en Italie à partir des collections des musées et bibliothèques de France. Elle s’attache à illustrer la diversité de l’expression graphique et la formidable créativité de cités rivales, aussi bien sur le plan artistique que politique.
Pour mener à bien ce projet, une enquête approfondie a été menée sur tout le territoire national pour découvrir et identifier les collections de dessins, souvent peu connues. La collaboration de 56 institutions publiques françaises a permis de rassembler pour les sept expositions quelque 800 dessins, dont un quart issu du fonds d’art graphique du musée Louvre. La sélection des œuvres exposées a été menée de façon à  présenter une rétrospective convaincante et séduisante de chacune des écoles, révélant ainsi des dessins inédits ou déjà publiés mais connus des seuls spécialistes. Dans chacune des expositions les prêts d’œuvres insignes du Musée du Louvre, dont la collection de dessins italiens est une des plus riches du monde, permettent, grâce à l’apport de pièces historiques, de renforcer la cohérence et la qualité de la présentation.
Ces expositions mettent en lumière la spécificité des courants artistiques régionaux qui caractérisent l’art italien et qui perdurent de manière évidente jusqu’au milieu du XVIII siècle, même si les voyages, de plus en plus fréquents, des grands maîtres d’une cité à l’autre suscitent des cercles d’influences notables.

1. Venise : l’art de la Serenissima –  Montpellier (14 octobre 2006 – 14 janvier 2007)
2. Splendeurs baroques de Naples – Poitiers (25 octobre 2006 – 4 février 2007)
3. Le rayonnement de Florence sous les derniers Médicis – Bayonne (26 octobre 2006 – 7 février         2007)
4. Gênes triomphante et la Lombardie des Borromée – Ajaccio (28 octobre 2006 – 23 février 2007)
5. Le génie de Bologne, des Carracci aux Gandolfi – Rouen (2 novembre 2006 – 15 janvier 2007)
6. Rome à l’apogée de sa gloire – Toulouse (3 novembre 2006 – 7 février 2007)
7. L’appel de l’Italie : artistes français et nordiques dans la péninsule – Grenoble (4 Novembre 2006     – 4 février 2007)

En couverture :

Giandomenico TIEPOLO (1727 – 1804) – Déjanire enlevée par Nessus  ; (Musée Fabre, Montpellier).

Ce dessin se rattache à la série des « Centaures, faunes et satyres » et les nombreuses variations autour du sujet constituent un groupe bien distinct d’une vingtaine de feuilles au sein du cycle. La scène illustre l’un des épisodes précédant la mort d’Hercule ( Les Trachiniennes, Sophocle; Les Métmorphoses, Ovide). Alors qu’Hercule et son épouse Déjanire quittaient la ville de Calydon, le centaure Nessus enleva Déjanire au passage du fleuve Evénus.
Dans une diagonale ascendante, Nessus s’élance avec Déjanire pour s’enfuir, accompagnés de deux amours. L’emploi abondant du lavis et les violents contrastes lumineux contribuent à dramatiser la scène, la suggestivité de la plume à son dynamisme. Bien que le paysage tiennent une place infime, sa présence souligne le soin accordé à la mise en page. Selon certain spécialiste, le thème de Nessus et de Déjanire ne serait pas un motif inspiré par Gianbattista mais une invention propre de Giandoméenico. L’artiste a ainsi pu se référer à un ouvrage publié au moment de la redécouverte des fresques d’herculanum en 1757 à Naples, Le antichità d’Hercolano esposte, d’Ottavio Antonio Baiardi et Pasquale Carcani