Couverture La Rencontre n°126


L’INVISIBLE EST LE VISIBLE
Donation Alexandre Hollan au musée Fabre

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En couverture : Alexandre Hollan lors de l’accrochage de son exposition au musée Fabre, photographie Steve Gavard

Alexandre Hollan naît en Hongrie en 1933. Son enfance se partage entre Budapest et la campagne hongroise. Très tôt, il montre un attachement singulier à la nature et en particulier aux arbres. Après le soulèvement contre le régime, en 1956, il quitte la Hongrie et s’installe en France où il étudie à L’École nationale des arts décoratifs. En 1962, Alexandre Hollan commence une vie d’errance à travers l’Europe à la recherche d’un endroit pour se fixer et où il pourrait renouer ce contact avec la nature et avec les arbres en particulier. Cette vie nomade dure une vingtaine d’années. Aux débuts des années quatre vingt, il découvre les garrigues languedociennes et se fixe près de Gignac où il acquiert un mazet. Désormais sa vie d’artiste se déroule en deux endroits : l’été, directement au contact des arbres de la région qu’il dessine inlassablement et l’hiver, dans son atelier parisien.
Depuis quelques années des liens étroits se sont tissés entre le Musée Fabre et l’artiste. L’ exposition, sous le commissariat de Michel Hilaire et de Florence Hudowicz, intitulée « l’invisible est le visible » présente une sélection parmi les quatre vingt œuvres qui constituent la donation d’Alexandre Hollan au Musée Fabre. Cette exposition retrace un parcours significatif de l’artiste depuis les années cinquante en Hongrie jusqu’en 2016. Un lavis au brou de noix sur papier de 1954, où un arbre occupe presque la totalité de l’espace, témoigne de l’intérêt précoce de l’artiste pour ce motif. Le second volet de son travail, celui qu’Alexandre Hollan nomme « les vies silencieuses » est ici bien représenté. Au hasard de ses promenades dans la garrigue, il découvre des objets du quotidien abandonnés, vieillis par le temps qui le touchent profondément. Avec beaucoup de soin, il les agence, les associe de façon à provoquer les vibrations colorées : « la casserole presque rouge, le bol gris-bleu et la pêche d’un bordeaux noir ne comprennent pas la secrète beauté qui les unit. Le regard ne peut voir cette beauté cachée qu’en oubliant la casserole, le bol, la pêche ».
Alexandre Hollan, Je suis ce que je vois. Notes sur la peinture et le dessin. Toulouse, édit. Erès, 2015

Éliane Aujaleu