Augustin Pineau


Né à Bordeaux en 1968 dans un milieu artistique, Augustin Pineau vit, travaille près de Montpellier et enseigne à l’Ecole des Beaux Arts de Nîmes.
Encore étudiant, tout en faisant de la peinture, il pratique le dessin, les prises de notes accompagnées d’éléments collés sur la feuille. Ainsi s’installe peu à peu, au gré des circonstances, la pratique du collage qu’il considère comme « ce qu’il y a de plus frais dans l’histoire de l’art… “ une nouvelle renaissance, l’invention des avant-gardes ” comme le dit Brandon Taylor, … la colonne vertébrale de l’art depuis le XXe siècle ».
Dans l’atelier, s’entassent et s’accumulent sur la table et dans de grands tiroirs des images imprimées. Mais pas n’importe lesquelles : emballages de paquets de cigarettes, de produits alimentaires, de conditionnements publicitaires d’une part, mais aussi reproductions d’œuvres d’art, de paysages, cartes postales… ainsi que des boîtes de jeux, des jeux de cartes…. L’artiste a certes l’âme du collectionneur dans la quête, le hasard de la rencontre, mais le choix reste très personnel, dépendant des circonstances de leur découverte, du moment ou du lieu où elles sont ramassées ou utilisées, par “ résonance ” et non “ correspondance ”. Il se définit lui-même comme un “ explorateur ”, et le chemin emprunté n’est pas univoque.
Il confie, lors d’un entretien publié dans Avoir la toupie dans l’oursin, aux éditions Méridianes : « Il faut admettre qu’un mot ou une image fonctionnent comme un aimant qui peut attirer de multiples épingles… Cela ne me conduit pas à chercher du sens mais plutôt à le suspendre dans un état d’esprit peut-être proche du nonsense ; … un certain état émotionnel par lequel les choses peuvent se fondre les unes dans les autres : fusion, confusion, et diffusion… Il ne faut pas oublier que le collage reste un bricolage… ce sont mes mains qui pensent : le découpage et le collage impliquent du temps, des gestes précis et singuliers… mais il reste toujours un décalage entre la vitesse des associations d’idées et celle du geste qui les met en œuvre. Ce décalage est essentiel. C’est par lui que je trouve l’émotion dont je parlais et que j’appellerai maintenant l’enchantement. »
On l’aura compris : les images d’Augustin Pineau sont reconstituées dans un subtil équilibre et pour celui qui regarde, il s’agit de reconstituer le puzzle, pour s’émerveiller, s’enchanter à son tour et au bout du compte peut-être apprendre un peu plus de soi-même.

Nicole Keranguéven

Couverture : Augustin Pineau : Vrai semblant et faux semblant 1